mercredi 22 octobre 2014

Tempête sur le Typhoon : Le programme Eurofighter ou la complexité des programmes internationaux Partie 1 : L'organisation du programme

Eurofighter Typhoon  (image Eurofighter GmbH)
Après avoir été évincé de la compétition aux Emirats Arabes Unis en décembre 2013, l'année 2014 semblait bien commencer pour le consortium européen et son avion de combat. Airbus et BAE, piqués au vif par la sélection de l'avion Rafale de Dassault Aviation en Inde, semblaient décidés à mettre les bouchées doubles afin de combler le retard de leur avion en terme de polyvalence.

Ainsi ont été annoncées au cours de l'année passée des avancées dans l'intégration d'un radar AESA, la future intégration des missiles Brimstone, ainsi que le début d'intégration des missiles de croisière Storm Shadow (le pendant anglais du SCALP) et Taurus.

Malheureusement, cette embellie aura été obscurcie par de multiples soucis : Au mois d'avril, la Cour Fédérale des Comptes annonce que le programme Eurofigther coûtera à l'Allemagne deux fois plus cher que prévu. Le taux de disponibilité des Eurofighter allemands est catastrophique selon le journal allemand Der Spiegel.  En Septembre, on apprend qu'un défaut de fabrication du tronçon arrière du fuselage oblige les pays partenaires à (temporairement) fortement diminuer la durée de vie théorique de l'avion. A l'heure actuelle, personne ne connait le coût des mesures correctives à prendre ni le nombre exact d'avions concernés (tout ou partie).

Plus récemment, le 1er minisre britannique, David Cameron, a annoncé la prolongation d'un an d'un escadron de Tornado au vu des besoins de capacités Air/Sol nécessaires pour fraper EIIL que n'ont pas encore les Typhoon (ou très partiellement, comme nous le verrons plus loin). Le bureau de M. Cameron aurait même été jusqu'à déclarer que "le Typhoon est avant tout destiné au combat aérien et à patrouiller notre espace aérien" selon notre confrère airheadsfly.com.

Bien des soucis du programme sont liés à son caractère international. Peut être pas, comme ça l'est souvent évoqué, tant à cause de l'organisation en "lego" de son industrialisation (après tout Airbus fait de même) qu'à cause de sa nature de programme international militaire. Un avion militaire répond en effet à des besoins plus spécifiques qui varient en fonction des pays et au cours du temps.

Les exigences des différents partenaires sont souvent différentes, ce qui fait que le programme manque d'une ligne directrice claire et même parfois d'homogénéité (A titre d'exemple, le Royaume Uni, très impliqué dans diverses OPEX et faisant face à la fois à un vieillissement de ses Tornado et aux retards successifs du F-35 ressent un grand besoin de capacités Air/Sol qui indiffèrent complètement l'Allemagne...). Des points de vues divergents qu'une agence internationale, la NETMA (NATO Eurofighter and Tornado Management Agency) tente de concilier, avec plus ou moins de bonheur (au passage notons que le partenariat proposé à l'Inde il y a quelques années ne lui aurait pas permis d'intégrer cette agence OTAN).

Il est donc très compliqué pour un néophyte (et même pour un professionnel) de se retrouver dans cette organisation complexe. L'évolution du programme se fait essentiellement sur trois axes : les standards de production (Tranches, Batchs et Blocks), les standards informatiques (PSP) et les standards capacitaires (SRP) qui regroupent peu ou prou les deux autres.

Dans cette première partie d'un article en deux épisodes, nous allons vous décrire la structure industrielle du programme

Air France lance un vol alimenté en bio-carburant

L'A321 avant son décollage de Toulouse -
Crédits : Kevin Figuier
Air France a lancé hier l'opération Lab’line for the Future. Cette opération, sera l'occasion pour la compagnie de présenter jusqu’en septembre 2015, de nombreuses réalisations tournés vers des enjeux de développement durable.

La première realisation de cette opération est le lancement d'un vol hebdomadaire alimenté en bio-carburant (10% d’incorporation dans le kérosène classique)  sur la ligne Toulouse-Paris Orly.

Le premier vol opéré en Airbus A321 alimenté en biocarburant a eu lieu ce mardi 21 octobre avec un départ de Toulouse à 15h45 et une arrivée à Paris-Orly à 17h05.

Le Sukhoi T-50 PAK -FA reçoit sa suite de guerre électronique

Le Sukhoi T-50 (photo Rostec)
Le futur chasseur russe de "5ème génération" Sukhoi T-50, développé sous le nom de "Pak-FA" (pour Perspektivny Aviatsionny Kompleks Frontovoy Aviatsii, Système d'avion de combat futur) a reçu aujourd'hui sa suite électronique de combat L-402 "Himalaya".

La société Fret, une filiale du conglomérat Rostek, fabriquante de ce système de contre-mesures électroniques, a annoncé ici avoir livré le premier système complet. 

La suite Himalaya fait partie du système "L-121". Ce système classifié (et il est bien difficile de distinguer le vrai du faux à propos de cet avion entre fuites organisées et fantasmes) est néanmoins réputé comporter un radar AESA NIIP N036 comportant 1526 modules. D'après des rapports, l'antenne principale serait complétée par deux antennes latérales (N036B-1-01). Selon les informations généralement disponibles, il disposerait aussi d'antennes radar AESA N036-L-1-01 en bande L situées au niveau des bords d'attaque des ailes destinées à l'identification ami/ennemi et à la guerre électronique. La présence d'un radar supplémentaire dans la volumineuse "queue" de l'appareil a aussi été évoquée.

A l'instar de l'APG79 du F-35, le radar serait aussi utilisé comme émetteur/récepteur pour une liaison de données très haut débit directionnelle.

mardi 21 octobre 2014

Le KC-390 vient d'effectuer son ROLL-OUT

Nos amis et confrères du site Brésilien Defesanet (pour lesquels nous sommes régulièrement correspondant) ont pu assister à la présentation officielle du tout nouvel avion de transport Brésilien, le KC-390 conçu et fabriqué par Embraer.

Devant remplacer les C-130 dans l'armée Brésilienne, c'est le plus gros appareil conçu en Amérique latine. Capable de transporter 23 tonnes de frêt ou d'être configuré en avion de ravitaillement en vol, l'avion a été commandé à 28 exemplaires à livrer en dix ans. La faible cadence de production, à l'image de celle du Rafale pour ne citer que cet exemple là, permettra d'attendre que les nombreux prospects ayant montré de l'intérêt aient le temps de se manifester, comme l'Argentine le Chili et la Colombie, ou même des pays Européens comme le Portugal ou la République Tchèque.

Un Rafale intercepte un Airbus dont le pilote s'est endormi...

Encore une preuve de l'utilité (s'il fallait en trouver une) de la permanence opérationnelle, mission prioritaire de l'armée de l'air. Aujourd'hui même, la presse a révélé qu'un Rafale a intercepté un Airbus A319 de la compagnie aérienne belge Brussels Airlines dont l'équipage ne répondait pas aux demandes répétées des contrôleurs aériens. Et pour cause, le commandant de bord s'était assoupi. L'incident s'est produit le 28 juin. Selon le site FranceTVinfo qui cite le média belge Het Laatste Nieuws, le copilote n'a pas non plus répondu aux injonctions répétées du contrôle aérien, pensant que celui-ci s'adressait à un autre vol. L'erreur parait grossière, dans le sens où les numéros de vols sont clairement identifiés dans les échanges radio. L'enquête dira ce qu'il en est.

Vidéo : un pilote taïwanais d’une patrouille acrobatique se tue dans une collision en vol.

C’est une nouvelle tragique qui fait la une des médias taïwanais depuis quelques heures, alors que deux avions de la patrouille nationale des Thunder Tiger se sont percutés durant une manœuvre. L’avion, piloté par lieutenant-colonel  Zhuang Beiyuan, se retrouve hors de contrôle, mais le pilote tente néanmoins d’éviter une zone densément peuplée au sol. Il s’éjectera trop tardivement, et son corps sera retrouvé sans vie, son parachute n’ayant pas eu le temps de s’ouvrir.


Les Thunder Tiger, la patrouille de la Republic of China Air Force (ROCAF) évolue à bord de sept  AT-3 Tz-Chiang, a été créée en 1954. Elle n’avait pas connu d’accident mortel depuis 1997.

lundi 20 octobre 2014

Le Falcon 8X achève ses essais au sol, et le premier vol se précise

Deux programmes sont menés tambour battant chez Dassault Aviation. Alors que le Falcon 5X est en phase d'assemblage final, le Falcon 8X vient d'achever ses essais au sol. C'est ainsi que le constructeur de Saint Cloud va pouvoir proposer presque simultanément et très rapidement deux appareils nouveaux sur le marché. L'industrialisation des deux appareils est déjà lancée alors qu'ils n'ont pas encore volé. Processus désormais bien maîtrisé par Dassault grâce aux outils numériques, à l'image du Falcon 7X qui n'avait pas connu de prototype. Voici, ci-dessous, le communiqué de presse publié ce-jour par le constructeur:

"Le premier Dassault Falcon 8X achève ses essais au sol

Le développement de ce nouveau triréacteur à ultra long rayon d’action se déroule comme prévu, en vue de son vol inaugural au premier trimestre 2015  : Le Dassault Falcon 8X vient d’acheter sa campagne d’essais au sol, conformément au calendrier devant le mener à son vol inaugural au premier trimestre 2015.